Projets

Encourager l'utilisation des TIC participatives pour renforcer la valeur des savoirs traditionnels dans des domaines tels que l'adaptation au changement climatique, les activités de plaidoyer et les processus politiques dans le Pacifique et les Caraïbes

Le CTA propose des activités de renforcement des capacités dans le domaine des systèmes d'information géographique participatifs (SIGP), mobilise des fonds et établit des partenariats afin de favoriser l'inclusion de la population locale dans les processus plurilatéraux de planification de l'utilisation des terres et des ressources sur fond de changement climatique dans le 


Contexte et logique d'approche

Alors que leurs émissions de gaz à effet de serre sont les plus faibles, les petits États insulaires en développement (PEID) du Pacifique et des Caraïbes font partie des pays les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique. Les savoirs traditionnels sont un apport précieux, mais sous-estimé, aux processus politiques relatifs à l'adaptation au changement climatique. L'adoption des systèmes d'information géographique participatifs (SIGP) et des outils de communication sur Internet aide les communautés locales à ajouter de la valeur et à conférer de l'autorité à leurs connaissances locales, ainsi qu'à avoir voix au chapitre en ce qui concerne les décisions sur l'utilisation des ressources naturelles. Les SIGP ont prouvé leur efficacité pour renforcer la participation de plusieurs parties prenantes aux processus politiques et pour jeter des ponts entre les systèmes de connaissances (traditionnels et scientifiques) tout en soutenant la reconnaissance de la valeur intrinsèque des savoirs traditionnels. 

Le projet Encourager l'utilisation des TIC participatives pour renforcer la valeur des savoirs traditionnels dans des domaines tels que l'adaptation au changement climatique, les activités de plaidoyer et les processus politiques dans le Pacifique et les Caraïbes vise à intensifier l'utilisation de la modélisation participative en 3D (MP3D) /des SIGP dans le Pacifique et à la mettre en œuvre dans les Caraïbes, en commençant par Trinité-et-Tobago en 2012. La collaboration du CTA a été sollicitée en raison de son expertise dans le domaine de la pratique des SIGP, du Web 2.0 et des médias sociaux, et en gestion des savoirs autochtones. 

Dans son Plan stratégique 2011-15, le CTA reconnaissait que le changement climatique dégradait de façon disproportionnée la sécurité alimentaire des PEID. Dans ce contexte, la stratégie du CTA consiste à promouvoir l'établissement d'environnements politiques favorables à la mise en œuvre d'actions d'adaptation efficaces à long terme. Les communautés tributaires des ressources (agriculteurs, pêcheurs, etc.) des PEID sont particulièrement vulnérables au changement climatique en raison de leur répartition géographique (principalement sur les côtes) et de leur forte dépendance aux ressources concernées (terres, eau, zones de pêche, récifs, etc.). Le Plan stratégique vise également à renforcer les capacités des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique en gestion des connaissances sur l'information et la communication pour favoriser le développement agricole et rural, par exemple par le déploiement d'outils et de méthodes TIC (par exemple, les SIGP, le Web 2.0 et les médias sociaux) et des pratiques en gestion du savoir encourageant la mobilisation et le partage de connaissances au niveau plurilatéral. Par conséquent, le CTA a l'intention de promouvoir l'accessibilité et l'utilisation efficace des technologies liées aux SIG, au Web 2.0 et aux médias sociaux chez ses bénéficiaires afin de stimuler leur participation active et celle de leurs parties prenantes à la planification de stratégies d'adaptation au changement climatique et aux processus politiques en apportant leurs résultats et propositions de solutions.

Défis abordés par le projet

La référence à la participation des populations aux prises de décisions sur le changement climatique remonte à la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique de 1992 (article 6). La participation active des parties concernées est rappelée dans le troisième et le quatrième rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), dans les directives du PNUD pour les stratégies d'adaptation, dans l'Agenda 21 et dans les directives sur les programmes d’action nationaux d'adaptation (PANA), qui sont censés être axés sur l'action, conduits par les pays et basés sur l'adhésion de plusieurs parties prenantes. Au moment de la conceptualisation du projet, ces principes d'équité et d'inclusion ont été peu appliqués.

  • Les programmes d'actions nationaux d'adaptation (PANA) existants méconnaissent la valeur des savoirs traditionnels et leur apport précieux aux politiques, stratégies et plans d'action d'adaptation au changement climatique.
  • Les approches participatives liées aux prises de décision sur la gestion des ressources naturelles et l'adaptation au changement climatique n'ont pas été institutionnalisées.
  • Par ailleurs, on observe une prise de conscience et des compétences lacunaires chez les principales parties prenantes en ce qui concerne les processus d'analyse spatiale participative et les outils modernes de plaidoyer et de gestion de campagnes en ligne.
  • De nombreuses connaissances locales, non exploitées et potentiellement utiles, restent non documentées, dissimulées ou sous-utilisées.

Financement (période 2012-2014)

Total des prévisions budgétaires (sources diverses) : 1 570 000

Contribution financière du CTA : 745 000 euros

Résultats attendus

  1. Les connaissances traditionnelles sont documentées, transmises aux nouvelles générations et intégrées aux processus de planification dans le contexte du changement climatique.
  2. Les meilleures pratiques d'utilisation des SIGP (et des applications connexes du web 2.0) et les leçons tirées de leur utilisation sont bien documentées, notamment par les évaluations d'impact, largement diffusées et adoptées dans la planification ascendante et les processus de sensibilisation par certains organismes nationaux et régionaux.
  3. Les employés de certaines organisations régionales et nationales savent utiliser les SIGP, le Web 2.0 et les applications des médias sociaux en rapport avec l'adaptation au changement climatique dans les PEID.
  4. Des centres régionaux d'excellence en communication et information spatiales participatives ont été créés dans chacune des deux régions.
  5. Des approches participatives aux prises de décision relatives à la gestion des ressources naturelles et d'adaptation au changement climatique ont été institutionnalisées dans certains pays.

Partenaires

Les activités de ce projet sont intégrées de façon stratégique à des projets plus vastes soutenus par le PNUD, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), le Programme de microfinancements du FEM (PMF), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), The Nature Conservancy (TNC), the Wildlife Conservation Society, l'Institut des ressources naturelles des Caraïbes (CANARI), l'Université des Indes occidentales, le Centre sur le changement climatique de la CARICOM et les ministères nationaux.

 

Les hautes fonctionnaires des Nations Unies Helen Clark et Naoko Ishii apprécient les résultats des activités de MP3D aux Samoa – source: CTA sur Vimeo.

La Modélisation participative en trois dimensions (MP3D) pour un processus décisionnel partant de la base au Vanuatu – source: CTA sur Vimeo.

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